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Interview


Portrait
Portrait. David de Ubaldis

Foto: Roswitha Kaster


Question : Quelle importance a Madrid pour vous ?
Réponse : Je crois que l´endroit influence énormément l'état d'esprit d´un peintre ; je ne suis pas d´accord avec les peintres qui s´installent dans des hangars industriels, je les trouve froids et toujours vides, sans vie propre. Quand le centre névralgique de Paris change à New York, de grands changements se produisirent. Si on laisse de côté les éléments romantiques et lyriques qui ont ses racines européennes, Novalis dit : "Nous devons rendre romantique le monde, découvrir de nouveau sa signification originelle... donnant une haute signification au plus commun, une apparence mystérieuse à tout l'ordinaire, la dignité de l'inconnu aux choses les plus normales, l'aspect de l'infini à tout ce qui est fini. Si nous n'arrivons pas à nous voir dans un monde de légende c'est à cause de nos organes physiques et de nos perceptions" . Mon atelier a appartenu à un autre peintre de Madrid et je me sens imprégné de son esprit goyesque.



Q: Avez-vous exercé un autre métier à part celui de peintre ?
R : Non, j'ai toujours fait appel à la peinture même pendant l'époque des difficultés économiques. Je me souviens par exemple à Paris, quand il pleuvait je sortais avec un parapluie à Montmartre, je prêtais mon parapluie au modèle et pendant qu'il le tenait que je dessinais son portrait. Il y avait toujours des collectionneurs ou des galeristes qui m'achetaient une oeuvre ou me passaient des commandes.

Photographie
Photographie. David de Ubaldis


Q: Comment avez-vous cette capacité de changer de style et avec autant de facilité ?
R : Dans le fond, je suis un peintre qui a reçu une formation académique et pour moi il n'y a pas de différence entre oeuvre abstraite ou figurative, tant que cela soit une oeuvre d'art où ce qui m'intéresse c´est son exécution technique et l'honnêteté de l'artiste. Comme disait Freud: "Ce que si puissamment ne peut être à mon jugement plus que l'intention de l'artiste". Je suis aussi très marqué par le souci de la recherche et du développement dans l'objectif de créer des oeuvres uniques, où je me sens reflété avec simplicité. J'aime le maniérisme, la spontanéité et être attentif ou préparé pour profiter du hasard.

Gravure sur une plaque de zinc
Gravure sur une plaque de zinc. Cycladique sculpture. "Le grec est toujours en vigueur." "J'aime l'ancien parce qu'il est nouveau"


Q: Jusqu'où l'opinion du public est-elle importante pour vous ?
R : Mon ambition est de m´exprimer et de transmettre une émotion à autrui ; le peintre est le spectateur sont une seule chose. C'est un choc continu entre accueil et rejet et je me sens bien quand le spectateur est capable d'apprécier mon travail. Comme disait Delacroix : " La peinture n'est qu'un pont tendu entre l'esprit de l'artiste et celui du spectateur, la froide perfection ce n'est pas d'art".

Rejoneador
Rejoneador. Huile sur toile. 100 x 100 cm


Q: Quel type d´émotions voulez-vous transmettre ?
R : L'art est une magie fonctionnelle, il est en même temps ampliation de l'espace humain et ici toutes les émotions ont une place.

Portrait de Maître Cervantes
Portrait de Maître Cervantes. Huile sur toile. 1981. 114 x 80 cm


Q: Quelques-uns pensent que la nature imite l'art, quelle est votre opinion ?
R : Hegel disait : "L'art ce n'est pas l´imitation de la nature, sinon l'idéal" .

Sans titre
Sans titre. Encre sur papier. 47 x 35 cm


Q: Quand savez-vous qu'un travail est fini ?
R : Quand je donne les premiers coups de pinceau.



Susana Yáñez
Journaliste et critique d'art


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